Si les enfants veulent tous devenir astronautes, c'est pour se barrer de cette terre où ils sont censé vivre toute leur vie...
Ensuite ils grandissent, oublient la NASA à cause d'un cinq et demi en math, écoutent du black métal et vomissent la bière... Ils se haïssent eux-mêmes, sans trop savoir pourquoi.
Le lycée leur apprend les modalités de l'échec, de l'humiliation, de la clope et du suicide...
Ceux qui auront leur bac se ruineront en gin-coca.
Puis, le soleil éclaire un peu plus leurs chemins, ils voient un peu mieux l'avenir puisqu'il n'y en a pas. Ils se psychanalysent eux-mêmes en se disant que tout ça, ce n'est peut-être pas seulement de leur faute.. alors on se met a faire de la politique, un autre monde est possible, le changer serait tellement cool.
Ils achètent des T-shirts avec des étoiles rouges et trouvent le mot « révolution » très beau ; Ça ressemble à « revolver » , mais surtout à « évolution ». Ils arrêtent de manger du Mc do, refusent d'être français, regardent plus la météo ; de toute façon demain, il pleuvra...
Le doute se mêle à leurs tentatives, vaines, forcément... Pourquoi refaire le monde, puisqu'il va péter ? Puis ils se rendent comptes que boire une bière fraîche, avec une belle brune, c'est pas si mal. Le regard d'une fille vaut mieux qu'un combat perdu d'avance...
« l'amour pas la guère » ce genre de connerie...
on emmerde une dernière fois la société...
Cette fille devient notre femme, la bière fraîche devient notre bide. On s'entasse dans un meublé qu'il faudra payer. Un boulot et puis une bagnole avec ouverture centralisée et la clim' en option... on économise pour noël et un peu d'soleil à la plage... on devient gros, moche et gris... les p'tits cons arrêtent de jouer dans notre pelouse et on se souviens qu'avant on avait des projets, on se souviens... on était jeunes, pleins d'idées, tout ça pour rien, parce que maintenant on attend comme tout le monde son abonnement au programme télé. Alors, avant d'mourir, on va voir son petit-fils,
[...il veut devenir astronaute...]
« devient-le , c'est ta seule chance »